LE CHÂTEAU DE LA TOUR ( printemps de la randonnée)

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LE CHÂTEAU DE LA TOUR

SA SITUATION

Le château de la tour se situe à 3 km du village de SAINT PIERREVILLE, dans la région des BOUTIERES, partie la plus montagneuse du département de l’ARDECHE. Le mamelon, sur lequel est assis ce manoir féodal, se trouve au centre de la vallée qu’il commande, où serpente la rivière «  LA VEYRUEGNE. »

SES ORIGINES

Il fut bâti vers 1310 par la maison de MONTAGUT, chef-lieu des 4 mandements (subdivisions territoriales ) des BOUTIERES.

L’emplacement choisi, appelé « LA TOUR » semble devoir son nom à l’existence antérieure d’un fort tombé en ruines.

Le bâtiment carré fut flanqué d’une tourelle à chaque angle, défendu par des mâchicoulis et entouré d’un rempart.

Les MONTAGUT abandonnèrent le château de MONTAGUT(aujourd’hui en ruines) pour se fixer à LA TOUR. Leurs successeurs ajoutèrent une aile au château et remplacèrent 2 des tourelles par 2 tours rondes. Vers le 18e siècle, SCIPION DE VOCANCE, fit ajouter une aile et une 4e tour, changeant complètement l’aspect de la façade principale.

LES FAMILLES ET LE JEU DES ALLIANCES

C’est par le mariage des filles que le château passe entre les mains d’une nouvelle famille seigneuriale ( on se mariait entre gens du même milieu).Les familles se succèdent à « LA TOUR » : DE POINSAC, DE LAMOTTE – BRION, DE VOCANCE, DE MARQUET.

Le rôle du château de DE LA TOUR fut prépondérant pendant les guerres de religion qui marquèrent profondément notre région. JACQUES DE LAMOTTE-BRION et CLAUDE DE VOCANCE se distinguèrent particulièrement pendant cette période de troubles ( édit de Nantes en 1598 sous Henri IV et révocation de l’édit de Nantes en 1685 sur Louis XIV).

LA FAMILLE DE POINSAC

Les MONTAGUT cédèrent le château à cette famille originaire de Haute-Loire et le château fut appelé LA TOUR DE POINSAC vers 1492. Vers 1550, une petite fille DE POINSAC épousa ROUFT DE LAMOTTE-BRION.

LA FAMILLE DE LAMOTTE-BRION

Ayant embrassé la doctrine de CALVIN, le fils JACQUES fut élevé dans la religion réformée ; cependant son père n’hésitait pas à héberger les catholiques qui n’avaient pas d’autres retraites entre LE CHEYLARD et PRIVAS.

En 1604, JACQUES épouse une catholique et leurs 4 enfants furent ainsi élevés dans la religion de leur mère . JACQUES sut s’attirer l’estime et le respect de tous les partis pour faire régner la justice. Cependant, d’ardents partisans de l’église réformée lui vouèrent une haine implacable qui conduisit à la confiscation de ses biens et à un bannissement de 3 années ; Le roi LOUIS XIII révoqua cette sentence contre le seigneur de LA TOUR  et le chargea même de maintenir l’ordre dans son district.

En 1632, JACQUES DE LAMOTTE-BRION fit publiquement sa conversion à la religion catholique. Pour s’en débarrasser, ses anciens coreligionnaires le dénoncèrent en l’accusant de crimes de «  lèse-majesté » et le juge d’UZES fut mandaté pour procéder à la démolition du château de LA TOUR. Une requête auprès du roi stoppa la démolition qui avait déjà débuté par la suppression des guérites et de la plus grande tour. Ébranlé par les épreuves et les chagrins autant que par l’âge, JACQUES DELAMOTTE-BRION mourut 4 mois après les événements le 16 août 1634.

LA FAMILLE DE VOCANCE 

En novembre 1634, sa fille MAGDELAINE DE LAMOTTE-BRION épousait ANTOINE II DE VOCANCE qui fit rebâtir la tour, combler la fosse pour la remplacer par un jardin. ANTOINE II DE VOCANCE embrassa la carrière des armes en 1600 et fut nommé capitaine. Ils eurent 7 enfants (6 fils dont ANTOINE-DAVID et une fille) .

c’est le fils d’ANTOINE-DAVID : CLAUDE DE VOVANCE qui illustra le plus le nom. Il naquit au château de LA TOUR en 1664. Capitaine en 1684 d’une compagnie, dans le régiment du MARQUIS DE VOGÜE, il participa pour la première fois en 1689 à un épisode de la GUERRE DES CAMISARDS qui eut pour théâtre le village d’ISSAMOULENC.

En 1694, la guerre civile se rallume dans les BOUTIERES ; à partir du château de LA TOUR, les expéditions auxquelles il participe en tant que commandant de régiment, sont sanglantes et restent tristement célèbres dans la région. Le 13 mai 1709, jour de foire à MEZILHAC, VOCANCE et son escorte tombent dans une embuscade  ; on le ramène mort au château, laissant comme héritier son fils unique de 15 ans  : FRANCOIS-LAURENT-

SCIPION DE VOCANCE qui épouse en 1714  ANNE DE SIBLEYRAS, et eurent 5 enfants. Seule sa fille SUZANNE, en épousant, en 1741, DENIS DE MARQUET, assurera la descendance : LOUIS-FRANCOIS DE MARQUET.

LA FAMILLE DE MARQUET

LOUIS-FRANCOIS et son épouse CATHERINE SARRAZIN eurent 3 enfants dont une fille :JULIE. Ils vécurent un destin tourmenté avec la mort du père et de ses deux fils. Madame DE MARQUET et sa fille JULIE restent seules.

CATHERINE SARRAZIN meurt à SAINT PIERREVILLE le 12 avril 1819,

JULIE, sans héritiers, décède le 21 janvier 1841 à VALENCE, laissant le château à sa demoiselle de compagnie.

Ainsi s’éteignit la dynastie des seigneurs de LA TOUR DE POINSAC …  

 

En 1925, le château fut acheté par l’association diocésaine d’ALGER dont l’archevêque était Monseigneur LEYNAUD, ancien élève de l’école de SAINT PIERREVILLE.

En 1938 c’est l’association diocésaine de VIVIERS qui en devient propriétaire. Se sont succédés ensuite des propriétaires privés dont le dernier s’est suicidé dans le château après y avoir mis le feu .

Depuis  2022, la municipalité de St Pierreville en est devenue propriétaire.